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Agents IA en RH : Le travail sans l’Homme. C’est pour la fin de l'année. Vraiment ?

Dernière mise à jour : 54false43 GMT+0000 (Coordinated Universal Time)

Le travail sans l’homme. C’est pour fin décembre 2026. Les techno-messianiques californiens nous l’annoncent. Vraiment ?


D’ici 12 à 18 mois, les emplois de cols blancs seront totalement automatisés. C’est ce que nous disent Dario Amodei PDG d’Anthropic au forum de Davos, Mustafa Suleyman le PDG de Microsoft AI ou encore Sam Altman qui au World AI Summit nous alerte sur la destruction de tous les emplois. Oui, de TOUS. Même le sien sûrement !


Les Agents IA autonomes auront remplacé ingénieurs, conseillers financiers, analystes d’affaires et RH. L’IA apocalypse est pour la fin de l’année 2026. On veut nous impressionner.


Les signaux se multiplient certes mais ils sont aussi trompeurs, destinés aux marchés des capitaux pour financer les serveurs et la R&D à coups de milliards. La réalité : les tâches automatisées ne remplacent pas le métier, sauf si le métier est une tâche automatisable.


Les faits sur les agents IA en RH et au travail :


Claude Code et Claude Cobol d’Anthropic améliorent de 70 à 90% la tâche de codage des programmeurs. Le Vibe Coding perturbe toute la chaîne de valeur de l’industrie du logiciel SaaS. Tous les éditeurs ont freiné les embauches et forment leurs programmeurs. Le métier vient de changer en moins de 18 mois. Il suffit que Claude annonce qu’il peut « vibe coder » en Cobol (langage des années 70) et corriger tout type de codes pour que la valeur boursière de IBM dévisse.


Claude Excel automatise le nettoyage, la catégorisation de données (avec encore beaucoup d’erreurs) et la production d’analytiques et de tableau de bord et encore mieux, l’analyse commentée des données. Si vous avez des données, votre vie va changer.


Claude PowerPoint transforme un texte en rapport PPT.


Perplexity Ai Cumputer s'installe sur votre ordinateur pour devenir un collège de travail en automatisant des tâches.


OpenClaw (racheté par OpenAI) lance un essaim d’agents IA autonomes sur votre ordinateur et on annonce la semaine de 2 heures pour tous les travailleurs du savoir. Les agents développent entre eux des réponses et du code. Et bientôt ils s’inviteront sur Teams pour faire un Café Virtuel sans votre consentement ?


Claude Cowork, que je teste quelques jours, après bien des difficultés à l’installer sur Windows 11, vous permet de créer des workflows et bâtir des agents IA à foison (nommés Skills). Connecté à votre ordinateur et vos applications de travail (Google Drive, Gmail, Outlook, Asana, Notion, etc.), elle devient un petit cerveau orchestrateur. Il faut lui dire quoi faire. Il n’est pas autonome à s’imposer et à prendre possession de vos méthodes de travail, du moins pas encore, mais cela ne devrait pas tarder à arriver tellement que l’IA sait « mimer » nos comportements et nos langages. Fantastique. Impressionnant. Mais ce sont des tâches, pas un métier que l’on automatise. On veut nous impressionner. On est éblouis comme le furent nos ancêtres il y a moins de 130 ans lors de l’introduction de l’électricité, des ampoules et des voitures. Le cheval a disparu de nos rues. Il n’y a jamais eu autant de voyages.


Si vous faites du code, du Excel, du PowerPoint, de la saisie de données ou des réponses aux appels clients toute la journée, effectivement, votre emploi vient de changer et vous êtes à très haut risque d’être automatisable.


Si vous faites des rapports, des analyses et des calculs assez complexes et relativement standardisés selon une méthode précise, effectivement l’extrant est rapide et de mieux en mieux maîtrisé.


« Si la valeur de la connaissance tend vers zéro, la valeur de l’orchestration des connaissances monte ». Jean-Baptiste Audrerie
Les agents IA en RH et dans le travail débarquent. Les patrons de ChatGPT, Anthropic Claude ou Microsoft Copilot nous annoncent la fin des emplois de cols blancs d'ici 6 à 18 mois.  La fin du SaaS et du travail des cols blancs ?
Les agents IA en RH et dans le travail débarquent. Les patrons de ChatGPT, Anthropic Claude ou Microsoft Copilot nous annoncent la fin des emplois de cols blancs d'ici 6 à 18 mois. La fin du SaaS et du travail des cols blancs ?

Penser le "Premier et le Dernier Kilomètre Humain de l'IA".


Le « Premier et Dernier Kilomètre Humain de l’IA » est une idée que nous avons formulée dans le 1er Baromètre de l’IA en RH au Canada (téléchargement disponible ici).


Le concept est le suivant :


Le premier kilomètre, c’est l’intentionnel et la fenêtre globale de contexte.

  • Si l’IA améliore constamment les fenêtres de contexte avec lesquelles elle interagit et personnalise les extrants, il n’en demeure pas moins que la vision et les intentions en amont sont le fait d’entrepreneurs, d’ingénieurs, d’innovateurs et de geeks. Il faut diriger et assembler les équipes et les agents IA, selon une recette propre à chacun (savoir-faire, expertise, brevet, données).

  • La colle pour relier les tâches qui font un métier et les métiers qui font une entreprise est hautement intangible, implicite et intentionnel. Un professionnel col blanc passe plusd de 50% de son temps à faire des tâches cognitives complexes.

  • Le reste ? : du relationnel, du politique, de l’émotionnel, du créatif, du collaboratif, du social, du culturel, de l’alignement des parties prenantes, de l’engagement, du psychologique et du changement.


Le dernier kilomètre, c’est le décisionnel. 

  • On entre dans un volet hautement sensible et à risques, à la fois juridique, sociétal et moral. La gouvernance des décisions avec l’IA semi-autonome et autonome est un sacré casse-tête, en dehors de certaines tâches purement transactionnelles très répétables (Vrai ou Faux, Go-No Go) et sans jugement moral.


« Le travailleur du savoir est fasciné et stupéfait par les artifices de la pensée synthétique et de sa puissance de calcul pour mimer le raisonnement humain. Alors il se console comme il peut en soulignant les limitations techniques de ces nouvelles capacités fulgurantes». Jean-Baptiste Audrerie

Le point de vue du psychologue organisationnel, analyste du travail que je suis.


  • 80 à 130 grandes tâches composent le métier d’un DRH, d’un ingénieur, d’un fiscaliste. La plupart des études (et notre bon sens) convergent autour de plusieurs centaines de micro-tâches. Publier un article sur ce blog ou LinkedIn prend minimalement une dizaine de tâches coordonnées et ce n’est pas l’essentiel de mon travail de consultant. Ce sont ces micro-tâches ou tâches discrètes, souvent implicites, que les Agents IA peuvent prendre en charge si on veut bien les formaliser, les automatiser et les combiner. Tout un défi !

  • 30 à 40 % seulement des tâches des travailleurs du savoir sont pleinement explicites (formalisées, décrites, mesurables).

  • 60 à 70 % sont implicites, ce que les ergonomes appellent le "travail réel" vs. le "travail prescrit". Ces tâches implicites incluent : la gestion des non-dits relationnels, la lecture du contexte politique, l'adaptation des procédures à la réalité opérationnelle, la régulation émotionnelle. C’est cette « colle » qui fait l’Humain. C’est elle qui fait l’appartenance, la distinction, la marque, l’expérience et la culture.

  • Ce n'est pas parce que l'on automatise que l'on élimine les tâches. On en crée d'autres. La preuve, le travail s'intensifie avec l'IA. Ce que l'on gagne en exécution répétitive, on le perd en intention, orchestration fine et en révision. Et puis le travail c'est comme le gaz, il occupe l'espace qu'on lui donne. Libérer des tâches en crée d'autres. Lisez à ce sujet cet article de HBR "AI Doesn't Reduce Work, It intensifies It".


Alors oui, pour produire un rapport selon un format établi, analyser un tableau de données et faire du trading, l’IA est stupéfiante. Mais la tâche ne fait pas l’emploi. Si c’est le cas, il faut densifier votre emploi. En revanche, les clients peuvent rapidement accéder à de l’information marché générique (et largement biaisée par la sur-représentativité des géants du marché HR TECH, sans nuance locale ou régionale). On le vit déjà. Des clients qui posent des questions de choix de SIRH et qui se voit proposer des rapports ultra-complets mais très orientés par la question ou les données d’entrainement.


Tout projet d'IA agentique qui s'appuie uniquement sur les descriptions d’emploi existantes automatise souvent le mauvais périmètre. C'est précisément pourquoi une analyse de travail réel, pas prescrit, doit précéder toute décision de feuille de route d’automatisation avec l’IA Agentique et feuille de route SIRH.


Quand on vous vend votre double numérique (Digital Twins) ou votre Employé IA, on parle d’un assemblage de 3 à 4 processus courts et distincts, peu intégrés mais redoutablement efficace en plusieurs langues, 365 jours par an, 24/7.


Comme le dit très bien McKinsey, nous devenons des Orchestrateurs d’Agents IA. Ils poussent plus loin en ajoutant au concept de « Human in the Loop », la notion de « Human Above the Loop ». Nous devons valider les IA mais aussi encadrer l’IA dans une architecture qui se complexifie mais qui n’est jamais autonome, quoi que vous en disent les gourous de l’IA qui veulent vous vendre leurs services.


J’avais déjà écrit sur notre rôle d’entraîneur d’IA il y a plusieurs années. Nous y sommes.


Dans l’esprit de Yann LeCun, tel que paraphrasé par Bo Wang sur Twitter / X, le 17 février 2026, « Si le langage suffisait pour comprendre le monde, on pourrait apprendre la médecine juste en lisant des livres. Mais ce n’est pas de même que ça marche. Faut faire ta résidence. Faut avoir vu des milliers de cas normaux avant de reconnaître l'anormal. »


L’un des chercheurs les plus en vue dans le monde du Deep Learning soulève aussi quelque chose de frappant : tout le texte public disponible sur internet représente environ 10¹⁴ octets.


Ainsi, il faut bien comprendre qu'un enfant de 4 ans traite à peu près autant d'information par la vue seulement. Le monde, c'est juste... plus grand que le texte.


La majeure partie de la connaissance humaine et presque toute la connaissance animale, vient de l'expérience sensorielle du monde physique. Le langage, c'est le glaçage sur le gâteau. Il faut d'abord le gâteau.


Les agents IA en RH et dans le travail débarquent. Les patrons de ChatGPT, Anthropic Claude ou Microsoft Copilot nous annoncent la fin des emplois de cols blancs d'ici 6 à 18 mois.  La fin du SaaS et du travail des cols blancs ?

Les actions à poser par les DRH à l'ère de l'IA :



1- Comprendre l’IA générative et l’IA agentique.


C’est fondamental. L’IA n’est pas réservée aux profils TI. Elle présente des enjeux économiques, éthiques et sociétaux qui frappent les RH. Comprendre vos besoins et vos processus automatisables (volumes). Comprendre les zones grises qui ne le seront jamais ou à un coût rédhibitoire.


Comme indiqué dans notre 1er Baromètre de l’IA en RH au Canada, on assiste à l’adoption de l’IA en RH mais on nage en pleine « AI Confusion ».


L’IA est largement adoptée par les professionnels RH comme individus mais encore peu ou insuffisamment implantée par les organisations. D’ailleurs, on y souligne largement la place du Shadow AI qui a totalement submergé les entreprises et les départements RH.


2- Monter une cellule de veille directement reliée à l’équipe de direction.


Cette cellule de veille doit surveiller les nouveautés et faire un peu de prospective sur les impacts d’affaires d’opérations et de besoins de formation. Personne ne peut vivre dans une bulle à l’abri de la plus grande accélération technologique de l’histoire, surtout pas les exécutifs.


Certains de vos employés de terrain et vos consultants testent ces technologies pour 20 à 70$ par mois avant même que vous en entendiez parler.


3- Outiller, Tester, Comprendre les limites. Se Calmer et Penser en équipe.


Jamais la complexité des architectures TI, de la cybersécurité et de la robotisation n’aura demandé autant d’ingéniosité et d’expertise. Des emplois se créent.


Peut-on penser à une entreprise sans travail humain ?


4- Améliorer votre capacité à produire de la donnée RH de qualité et sécurisée ainsi que des connaissances explicites à jour (politiques, procédures, formations maison).


Le cauchemar du « data chaos » va vous hanter. Pas d’agents IA sans des données et bases de connaissance de qualité ! Vos SIRH obsolètes et difficilement interfaçables sont des ponts brisés sur la route de l’IA.


Les vrais défis des DRH avec l'IA :


1-Bâtir une infrastructure d’intelligence.


Alors que l’on est tout juste en train de transformer les organisations avec le numérique, l’IA générative et l’IA agentique rehausse les standards de la productivité intellectuelle. Le coût de la page de rapport, de la réponse client et de la ligne de code tend vers 0.


Les entreprises performantes de 2026 sont des assemblages habiles de capitaux immatériels et matériels : personnes compétentes, outils et agents, processus, propriété intellectuelle, marque et réputation.


2- Monter rapidement en compétence sur l’IA.


« The struggle is the skill ». Les compétences des spécialistes en technologies et en données tout comme les compétences des utilisateurs finaux (end-users) sont concernées. Les premières s’arrachent pour gagner en vélocité. Les compétences des seconds montrent une dette de formation énorme.


Les coûts de l’IA par licence restent perçus comme relativement chers au regard de l’écosystème technologique RH. Équiper tous les cols blancs de OpenAI ChatGPT, Microsoft Copilot ou de Claude Pro, c’est 25 à 30$ par employé par mois. C’est tout un budget quand votre SIRH aux multiples usages corporatifs de conformité coûte tout juste le même prix en termes de licences. Mais le retour sur investissement de l’IA générative pour vos employés est certainement très positif.


3-     Repenser les processus et l’expérience (vraiment), ne pas simplement ajouter une couche d’IA.


Le travail d’architecte organisationnel et l’hybridation Humain-Agents IA autonomes ou semi autonomes est au cœur du mandat RH d’ici 2030.


Que vous le vouliez ou non.

Couverture du 1er Baromètre de l'IA en RH au Canada 2026 — NexaRH — IA : le travail réinventé en mode accéléré

Pour continuer cette réflexion, téléchargez notre enquête

« IA : le Travail réinventé en mode accéléré » - 1er Baromètre de l’IA en RH au Canada :

Et vous, qu’en pensez-vous ?

  • Comment votre département RH surveille-t-il et accompagne-t-il cette révolution ? Quelles initiatives avez-vous déjà mises en place ?

  • Vos commentaires, réactions et questions sont les bienvenus ci-dessous.

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Référence :

J’ai repris volontairement dans mon accroche d’article le titre de l’ouvrage d’Yves Clot, «Le Travail sans l’homme ?» (La Découverte, 1995). Il est professeur émérite de psychologie du travail au CNAM, chercheur au Centre de recherche sur le travail et le développement (CRTD).


Je fais référence ici à l’un de mes pairs professionnels. Le monde du travail change, et les psychologues du travail sont en première ligne (cognition, formation, attention, collaboration, décision).

À propos de l'auteur de cet article :

Ce billet est rédigé par Jean-Baptiste Audrerie, cofondateur de NexaRH, cabinet-conseil indépendant spécialisé en stratégie TECH RH et transformation numérique des ressources humaines, actif au Québec, en France et aux États-Unis.

Droits d’auteur du Baromètre de l’IA en RH au Canada 2026 :

Tous droits réservés.

Toute reproduction, même partielle, est soumise à autorisation écrite préalable.

Pour les demandes de reproduction ou de citation : jb.audrerie@nexarh.com


Les agents IA en RH et dans le travail : une révolution qui en fait trop. Un article rédigé par Jean-Baptiste Audrerie et révisé par Valérie Fichelle, co-fondateurs de NexaRH, cabinet conseil en stratégie HR TECH, mettant en oeuvre des agents IA pour moderniser son offre de services en conseil RH.

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